Sept sœurs

Les Pléiades, M45, dans la constellation du Taureau. Visible à l’œil nu sous la constellation de Persée, elles figurent les sept filles de Atlas et Pléione. Le tout ressemble à une Grande Ourse miniature. Il s’agit d’un amas d’étoiles très jeunes, nées en même temps que l’humanité, il y a quelques millions d’années.

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Les Pléiades. Addition de 7 images prises au foyer du télescope T150/750, pose de 20 secondes chacune sur 800 ISO. Obscurcissement du ciel éclairé par une grosse Lune gibbeuse avec Photoshop. Photos prise le 10 novembre 2014.

On voit les nébuleuses de Mérope et Maia, nuages de poussières interstellaires obscurs qui reflète la lueur des Sept Sœurs. Ci-dessous, une petite carte pour savoir « qui est qui ? » :

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La même photo, avec le nom des principales étoiles, dont les Sept Sœurs.

Et pour finir, l’une des images originale, avant addition :

Les Pléiades. 20 secondes de pose sur 800 ISO, au foyer du télescope T150/750, dans la nuit du 10 au 11 novembre 2014. Le fond du ciel est éclairé par une Lune gibbeuse.
Les Pléiades. 20 secondes de pose sur 800 ISO, au foyer du télescope T150/750, dans la nuit du 10 au 11 novembre 2014. Le fond du ciel est éclairé par une Lune gibbeuse.
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Papillon ou vampire céleste ?

Lune gibbeuse cette nuit. Le fond du ciel est clair. Je me ballade sur la voûte céleste sans grande conviction. Jusqu’au lever de la ceinture d’Orion vers 23h30. Une demi-heure plus tard, l’épée d’Orion est suffisamment haute pour tenter une série de photos de la Grande Nébuleuse d’Orion, M42, et de son petit compagnon M43. Résultat surprenant malgré un ciel lumineux et une nébuleuse basse sur l’horizon. Ailes et volutes…

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M42, la Grande Nébuleuse d’Orion. Et M43, nébuleuse circulaire serrée contre elle. Addition de 6 images prises au foyer du télescope 150/750 dans la nuit du 10 au 11 novembre 2014. 800 ISO, 20 secondes de pose. Traitement très léger avec Photoshop pour assombrir le fond du ciel éclairé par la Lune.

Au cœur de la Voie Lactée

Le double amas, NGC 869 et NGC 884, dans la constellation de Persée. Situé à environ 7000 années-lumière, ces deux amas d’étoiles ont un diamètre d’environ 1000 années-lumière chacun. Ils sont nés de l’effondrement du même nuage de gaz interstellaire, il y a une dizaine de millions d’années, provoquant la mise à feu thermonucléaire de centaines d’étoiles. Chacun de ces deux groupes d’étoiles constitue ce que l’on appelle un amas ouvert : un groupe d’étoiles nées ensemble et groupées dans une même région de l’espace.

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Le double amas stellaire de Persée, NGC 869 et 884. Addition de deux photos prises au téléobjectif de 200 mm, F/D 5.6, pose de 30 secondes sur 800 ISO. L’appareil photo est monté en parallèle au tube du télescope, lui-même entraîné par la monture équatoriale. Le 26/10/14.

Ci-dessous, le même couple photographié au travers du télescope de 150 mm de diamètre et 750 mm de focale. Pose de 20 secondes sur 1500 ISO.

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NGC 869 en bas et NGC 884 en haut : le double amas de Persée. Photo prise le 26/09/14 au foyer du télescope T150/750. Pose de 20 secondes sur 2000 ISO.

Le double amas est visible à l’œil nu, vers la frontière entre la constellation du Taureau et celle de Persée. Sa magnitude est d’environ 4, et il apparaît comme une nébulosité floue.

Chaîne d’étoiles

Coincé par une Lune trop lumineuse et les nuages qui défilent, retour sur une image capturée le 18 octobre 2014. Tout au bout d’une chaîne d’étoiles, dans la constellation de Pégase, se cache une galaxie lenticulaire : NGC 7457. Magnitude visuelle : 12.2. Elle mérite pleinement son appartenance au « ciel profond », cette famille infinie composée de membres discrets et pourtant titanesques…

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NGC 7457, galaxie lenticulaire dans la constellation de Pégase. Addition de 6 photos prises le 18 octobre 2014. 25 secondes de pose chacune sur 2500 ISO, au foyer du T150/750.

Petit zoom sur la galaxie, renforcée en fausses couleurs avec le logiciel IDL, palette EOS A.

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Toujours NGC 7457, zoomée et traitée en fausses couleurs avec le logiciel IDL.

Lointaines lunes

Quand la lumière de Séléné envahit le ciel, les nébuleuses et les galaxies disparaissent… Il est temps de tourner le télescope vers les planètes. Objectif Uranus. La géante bleue est en ballade dans la constellation des Poissons, juste sous le grand carré de Pégase. Vu sa distance (dans les 3 milliards de km), la brillance d’Uranus est à la limite de la visibilité à l’œil nu (magnitude de 5.7). Et elle ne présente à l’observateur qu’un disque apparent de 3.7 secondes d’arc. Vu de la Terre, Uranus apparaît donc 500 fois plus petite que la Lune… Inutile d’espérer y voir des détails avec mon télescope, mais l’aspect défi me tente. Je trouve la minuscule bille bleutée en pointant le tube directement à l’aide des coordonnées célestes du Guide du Ciel 2014 de Cannat, en utilisant gamma d’Andromède comme jalon pour le calage en ascension droite, puis en balayant la zone systématiquement. Avec un grossissement de 75X, on voit clairement le petit disque pâle, mais impossible d’y voir des détails, évidemment.

Puis, série de photos au foyer du télescope, sans oculaire. Et là, surprise, les images révèlent la présence de deux lunes d’Uranus, serrées contre la planète, presque noyées dans la lumière réfléchie par Uranus lui-même. Les lunes, Titania et Obéron, sont en effet de magnitude 13.5, soit 1500X moins brillantes qu’Uranus. La différence de brillance est énorme !

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Uranus. Addition de 3 photos de 20 secondes de pose sur 1000 ISO. Titania et Obéron sont visibles au bord supérieur gauche de la planète. T150/750, photos prises au foyer le 1er novembre 2014.

Petit test en fausses couleurs : j’ai traité l’image à l’aide du logiciel IDL (Interactive Data Language). Avec la palette HAZE, les deux lunes deviennent évidentes.

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Uranus et deux de ses lunes : Titania et Obéron, sur le bord supérieur gauche du disque. Addition de 3 photos au foyer du T150/750, 20 secondes de pose sur 1000 ISO. Traitement en fausse couleur avec le logiciel IDL.

Discrète

NGC 891. Galaxie spirale dans la constellation d’Andromède. Magnitude visuelle de 11, soit 100 fois moins brillante que la plus faible des étoiles visible à l’œil nu sous un ciel pur. Elle est vue exactement par la tranche, ce qui donne cette vue surprenante de fuseau barré par une gigantesque bande de poussières.

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NGC 891. Addition de 10 photos prises le 23 octobre 2014 au foyer primaire du télescope T150/750. Chaque photo a été posée 30 secondes sur 2500 ISO. Les images on été additionnées sur Photoshop, et le résultat a été traité pour atténuer le fond du ciel.

L’image additionnée (sans traitement pour le contraste, ni recentrage) montre bien la fugacité de la galaxie.

NGC 891. L'image additionnée avant traitement.
NGC 891. L’image additionnée avant traitement.

Visiteuse nocturne

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1/2OOème de secondes sur 800 ISO, au foyer du T150/750, le soir du 27 octobre 2014.

Retour de la Lune cette semaine. Sa lumière va progressivement masquer les objets du ciel profond, galaxies et nébuleuses. Mais voir ce fin croissant dans les lueurs du crépuscule est toujours un moment magique.