Lumière et poussière

Cap sur la Ceinture d’Orion à la recherche de la nébuleuse de la tête de Cheval. La région d’Alnitak, l’étoile la plus à l’est de la Ceinture, est riche en nébuleuses. Et là, se dessine la tête de Cheval, nuage de poussière sombre qui occulte les étoiles tapies derrière.

L'extrémité est de la ceinture d'Orion. L'étoile la plus brillante est Alnitak, dzêta d'Orion.
L’extrémité est de la ceinture d’Orion. Assemblage de 4 photos prises au foyer du télescope T150/750 le 11 janvier 2015. Pose de 30 secondes en 3200 ISO chacune. L’étoile la plus brillante est Alnitak, dzêta d’Orion, à gauche sur l’image.

Juste sous Alnitak, on voit se dessiner la nébuleuse NGC 2024, barrée de nombreuses bandes sombres. Au centre de la photo, prenant naissance près d’Alnitak, on aperçoit le fin voile de la nébuleuse IC 434 qui s’étire vers la droite. Et sur le fond de ce fin voile se dessine le graal : la forme sombre de la tête de Cheval qui regarde vers Alnitak. Deux autres nébuleuses sont encore présentes sur l’image, NGC 2023 et IC 435, à gauche de la tête, vers le bas de la photo.

Je présente l’image en noir et blanc, pour optimiser le contraste et faire ressortir la tête de Cheval du fond du ciel.

Je l’avais promise à ma fille !

Spéciale pour Pascale 😉 une image de plus : la même photo que ci-dessus, mais avec le contraste poussé au maximum avec le logiciel idl.

La tête de cheval. Même photo que ci-dessus, en fausses couleurs pour pousser le contraste. La tête de cheval est au centre de l'image. Elle est sombre, avec la forme du cavalier du jeu d'échec regardant vers la gauche.
La tête de cheval. Même photo que ci-dessus, en fausses couleurs pour pousser le contraste. La tête de cheval est au centre de l’image. Elle est sombre, avec la forme du cavalier du jeu d’échec regardant vers la gauche.
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Souvenir d’été

18 août 2014, 6h du matin, au pied des coteaux qui bordent la vallée du Tarn vers le Nord. Lever de Vénus et Jupiter capturé au téléobjectif de 200mm. Rapprochement serré et assez rare des deux planètes les plus brillantes du ciel.

Vénus et Jupiter juste avant le lever du Soleil. Photo prise le 18 août au téléobjectif de 200 mm.
Vénus et Jupiter juste avant le lever du Soleil. Photo prise le 18 août au téléobjectif de 200 mm.

Le même couple pris au 50 mm. Deux yeux dans le noir, juste sous Castor et Pollux et la constellation des Gémeaux. Vénus est la plus brillante du couple. La distance qui sépare les deux planètes est inférieure au diamètre apparent de la Lune.

Vénus et Jupiter au petit matin du 18 août. Objectif de 50 mm.
Vénus et Jupiter au petit matin du 18 août. Objectif de 50 mm.

Souvenir de l’été et de la douceur de l’aube.

Une étoile, et puis plus rien… ou presque.

La nébuleuse du Crabe dans la constellation du Taureau. Il y avait là une étoile et, en 1054 de notre ère, elle a explosé. Une supernova que les astronomes chinois ont observée et signalée dans leurs écrits, alors que les annales européennes ne rapportent rien. Pourtant, au moment de l’explosion, la supernova était visible à l’œil nu en plein jour. La nébuleuse du Crabe, c’est ce qu’il reste de cette flamboyance, 1000 ans plus tard. J’ai pris cette photo le 11 janvier 2015. J’aime ce champ étoilé marqué par la trace de la mort d’un astre.

M1, la nébuleuse du Crabe. Assemblage de 5 photos prises le 11 janvier 2015 au foyer du tél
M1, la nébuleuse du Crabe. Assemblage de 5 photos prises le 11 janvier 2015 au foyer du télescope T150/750. Pose de 25 secondes chacune sur 3200 ISO. Traitement sur photoshop pour la balance des couleurs.

En agrandissant l’image et en la traitant en fausses couleurs avec le logiciel IDL, on devine les filaments qui strient la nébuleuse. Les photos prises avec des télescopes géants permettent de détecter les mouvements de ces filaments, au fur et à mesure que la matière de l’étoile se dilue dans le vide interstellaire.

M1. Agrandissement de l'image précédente, tournée, smoothée et traitée en fausses couleurs avec IDL
M1. Agrandissement de l’image précédente, smoothée et traitée en fausses couleurs avec IDL

Organique

La Grande Nébuleuse d’Orion. Elle est suspendue juste sous la ceinture d’Orion, alignement évident de trois étoiles dans le ciel hivernal : Alnitak, Alnilam et Mintaka. La nébuleuse et les étoiles qui l’entourent forme l’Epée du chasseur céleste.

M42, la Grande Nébuleuse d'Orion. Addition de trois photos prise au foyer du télescope T150/750
M42, la Grande Nébuleuse d’Orion et la région de l’Epée d’Orion. Addition de trois photos prises au foyer du télescope T150/750, le 11 janvier vers 21h30 temps local (20h30 Temps Universel). 30 secondes de pose sur 3200 ISO pour chaque photo. Les conditions d’observations étaient idéales : nébuleuse plus haute dans le ciel que lors des photos précédentes, pas de Lune, pas de brume.

Visuellement, avec un grossissement d’environ 70 fois, le spectacle est impressionnant. Mais photographiquement, il devient envoûtant. La nébuleuse déploie volutes, draperies, couleurs. Les formes sont à la fois nettes et diffuses. C’est un maelström inquiétant mais aussi un papillon délicat. La nébuleuse est irrésistiblement organique, on voudrait voir toute cette complexité palpiter, mais l’échelle de sa vie propre dépasse largement le temps humain. Nous sommes condamnés à contempler cet instantané. Mais il s’agit pourtant bien d’une matrice, une mère d’étoiles, de chaleur et donc de vie.

Voyageuse

Deux belles nuits… le grand luxe ! Pas de Lune, pas de brume. Et en cadeau un astre vagabond qui passe au large de la Terre : la comète Lovejoy. J’ai pu la photographier le 11 et le 12 janvier vers 19h30, alors que la comète se glissait discrètement entre Orion et le Taureau. De magnitude 5.5, elle était à la limite de la visibilité à l’œil nu.

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La comète Lovejoy. Addition de 6 photos prises le soir du 12 janvier 2015. Pose de 30 secondes chacune sur 2500 ISO, au foyer du télescope T150/750. Le halo bleu autour du noyau est la coma, l’atmosphère de la comète. La queue est discrète et multiple, s’étirant vers le bas et la gauche.

Un traitement en fausses couleurs avec le logiciel IDL montre bien la queue multiple.

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La même photo, agrandie et traitée avec IDL. Palette Red Purple+stripes, smoothing sur 2 pixels, puis renforcement et addition de l’image originale et de l’image traitée.

 

Au-dessus du brouillard

Brouillard très tenace sur la vallée du Tarn en ce mois de janvier. Et très localisé aussi, puisqu’il suffit de sortir de la vallée pour retrouver le soleil… Je prends mon mal en patience en me disant que les nuits belles reviendront. En attendant, retour sur une « star » céleste, mais vue d’un œil différent : M31, la galaxie d’Andromède et ses deux petits compagnons M32 et NGC205, capturés au téléobjectif de 200mm monté en parallèle au tube du télescope dans la nuit du 26 au 27 octobre 2014.

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M31, la grande galaxie d’Andromède. Assemblage de 4 photos, 30 secondes de pose chacune sur 1600 ISO, au téléobjectif de 200 mm. Photos prises le 26 octobre 2014. Traitement sous photoshop pour la balance des couleurs.

Le gigantesque apparaît délicat lorsque l’on prend du recul. Je montre ci-dessous l’une des quatre photos originales, sans traitement.

M31. Photo non traitée prise au téléobjectif de 200mm, pose de 30 secondes sur 1600 ISO, le 26 octobre 2014.
M31. Photo non traitée prise au téléobjectif de 200mm, pose de 30 secondes sur 1600 ISO, le 26 octobre 2014.