Organique

La Grande Nébuleuse d’Orion. Elle est suspendue juste sous la ceinture d’Orion, alignement évident de trois étoiles dans le ciel hivernal : Alnitak, Alnilam et Mintaka. La nébuleuse et les étoiles qui l’entourent forme l’Epée du chasseur céleste.

M42, la Grande Nébuleuse d'Orion. Addition de trois photos prise au foyer du télescope T150/750
M42, la Grande Nébuleuse d’Orion et la région de l’Epée d’Orion. Addition de trois photos prises au foyer du télescope T150/750, le 11 janvier vers 21h30 temps local (20h30 Temps Universel). 30 secondes de pose sur 3200 ISO pour chaque photo. Les conditions d’observations étaient idéales : nébuleuse plus haute dans le ciel que lors des photos précédentes, pas de Lune, pas de brume.

Visuellement, avec un grossissement d’environ 70 fois, le spectacle est impressionnant. Mais photographiquement, il devient envoûtant. La nébuleuse déploie volutes, draperies, couleurs. Les formes sont à la fois nettes et diffuses. C’est un maelström inquiétant mais aussi un papillon délicat. La nébuleuse est irrésistiblement organique, on voudrait voir toute cette complexité palpiter, mais l’échelle de sa vie propre dépasse largement le temps humain. Nous sommes condamnés à contempler cet instantané. Mais il s’agit pourtant bien d’une matrice, une mère d’étoiles, de chaleur et donc de vie.

Publicités

Voyageuse

Deux belles nuits… le grand luxe ! Pas de Lune, pas de brume. Et en cadeau un astre vagabond qui passe au large de la Terre : la comète Lovejoy. J’ai pu la photographier le 11 et le 12 janvier vers 19h30, alors que la comète se glissait discrètement entre Orion et le Taureau. De magnitude 5.5, elle était à la limite de la visibilité à l’œil nu.

lovejoy2_6im_PS
La comète Lovejoy. Addition de 6 photos prises le soir du 12 janvier 2015. Pose de 30 secondes chacune sur 2500 ISO, au foyer du télescope T150/750. Le halo bleu autour du noyau est la coma, l’atmosphère de la comète. La queue est discrète et multiple, s’étirant vers le bas et la gauche.

Un traitement en fausses couleurs avec le logiciel IDL montre bien la queue multiple.

lovejoy2_IDL
La même photo, agrandie et traitée avec IDL. Palette Red Purple+stripes, smoothing sur 2 pixels, puis renforcement et addition de l’image originale et de l’image traitée.

 

Au-dessus du brouillard

Brouillard très tenace sur la vallée du Tarn en ce mois de janvier. Et très localisé aussi, puisqu’il suffit de sortir de la vallée pour retrouver le soleil… Je prends mon mal en patience en me disant que les nuits belles reviendront. En attendant, retour sur une « star » céleste, mais vue d’un œil différent : M31, la galaxie d’Andromède et ses deux petits compagnons M32 et NGC205, capturés au téléobjectif de 200mm monté en parallèle au tube du télescope dans la nuit du 26 au 27 octobre 2014.

M31_200mm_bis_4im_color
M31, la grande galaxie d’Andromède. Assemblage de 4 photos, 30 secondes de pose chacune sur 1600 ISO, au téléobjectif de 200 mm. Photos prises le 26 octobre 2014. Traitement sous photoshop pour la balance des couleurs.

Le gigantesque apparaît délicat lorsque l’on prend du recul. Je montre ci-dessous l’une des quatre photos originales, sans traitement.

M31. Photo non traitée prise au téléobjectif de 200mm, pose de 30 secondes sur 1600 ISO, le 26 octobre 2014.
M31. Photo non traitée prise au téléobjectif de 200mm, pose de 30 secondes sur 1600 ISO, le 26 octobre 2014.

Condensation

Réputé pour être l’un des plus beaux amas ouvert d’étoiles, M37 se situe dans la constellation du Cocher, entre les étoiles Elnath et têtha du Cocher (ces deux étoiles sont hors champ). L’amas a une taille apparente d’environ la moitié de la Lune.

M37_4im
L’amas ouvert M37, dans le Cocher. Addition de 4 images RAW, 1600 ISO, 20 secondes de pose au foyer du télescope T150/750. Les photos ont été prises dans la nuit du 30 au 31 décembre dans des conditions difficiles (Lune très lumineuse, voile de brume, …).

M37 est une condensation d’étoiles très nette, au cœur de la Voie Lactée, toutes sœurs nées de la même nébuleuse. L’étoile la plus brillante de la photo, à droite de l’amas est de magnitude 6.25. Elle est donc invisible à l’œil nu.

Champs d’étoiles dans le Cocher

Dernière observation pour 2014. Conditions difficiles hier soir… d’abord, il faisait froid,vers -3°C. Les mains et les pieds souffrent, mais j’ai tenu un peu plus d’une heure ! Ensuite, la Lune vient de passer son premier quartier et culmine très haut dans le ciel, inondant la nuit de lumière solaire réfléchie. S’y ajoute un fin voile de brume qui diffuse la lueur de l’éclairage du clocher du village (quand on observe le ciel nocturne, on se rend vite compte de l’ineptie de ce type d’éclairage qui nous prive d’une partie du charme de la nuit, et qui en plus enlaidit le bâtiment éclairé en l’inondant d’une lumière digne du périph parisien. Avis à Mme le Maire…). Pour couronner le tout, le retour du chauffage au bois produit des fumées denses qui planent au-dessus des habitations, masquant de temps à autre les objets observés. L’astronomie au village, c’est aussi un sport… 🙂

Vu les conditions, il faut regarder haut dans le ciel et oublier les galaxies et nébuleuses diffuses. Pour la Saint Sylvestre, je vous offre deux amas d’étoiles du Cocher.

M38_3im_PS
M38 (à gauche) et NGC 1907 (petit amas à droite), dans la constellation du Cocher. Addition de 3 photos de 20 secondes sur 1600 ISO, au foyer du télescope T150/750.

Il s’agit de M38 et de NGC 1907. Ce sont deux groupes serrés d’étoiles, chacun né d’une même nébuleuse-mère. M38 est de magnitude 5.8, à la limite de la visibilité à l’œil nu sous un ciel très pur, NGC 1907 est de magnitude 10, donc 40 fois plus faible. Les images ont été prises pour la première fois au format RAW (merci Effedebe pour tes précieux conseils), traitées indépendamment puis additionnées.

La région, située au cœur de la Voie Lactée, fourmille d’amas d’étoiles. J’ai aussi capturé M36 et le magnifique M37. A suivre dans un post en 2015 ! Bonne année à tous !

Dentelles

Restes d’une étoile qui a explosé en supernova il y a environ 100 000 ans, les Dentelles forment un vaste anneau à proximité de l’étoile Epsilon du Cygne. NGC 6992 est réputée être la plus belle partie de cette immense nébuleuse, et je confirme. Elle forme un arc d’environ 1°, soit deux fois le diamètre de la Lune. Sa magnitude est de 10. L’image a été capturée le 26 septembre 2014 au foyer du télescope T150/750.

dentelles_5im_zoom
NGC 6992, les Dentelles du Cygne. Addition de 5 photos sur 2000 ISO, pose variable de 15 à 30 secondes, prises au foyer du télescope T150/750. Traitement sur photoshop pour le contraste et la balance des couleurs (suppression de la teinte orangée de l’éclairage urbain).