Les rivages de la Mer des Crises

Un jour après la dernière pleine Lune de l’hiver… Le soir du 6 mars 2015, la Lune commence sa décroissance. J’ai photographié les rivages de la Mer des Crises, sur le bord oriental du globe de Séléné. La mer elle-même occupe une surface de près de 200 000 km2, soit la surface de la Grande-Bretagne. Elle est séparée de la Mer de la Tranquillité à l’Ouest (en haut sur la photo) par une mince bande continentale, puis par le Marais du Sommeil.

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La Mer des Crises. Pose de 1/320 s, 400 ISO. Télescope T150/750, oculaire de 10mm de focale. La netteté n’est bonne qu’au centre de l’image. En effet, l’oculaire rend un plan focal courbe, alors que le capteur de l’appareil photo est plan.

Quelques noms de formations :

La Mer des Crises et le nom de quelques autres formations
La Mer des Crises et le nom de quelques autres formations. Pour donner l’échelle : le cratère Macrobius a un diamètre de 64 km.
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Dans l’intimité d’une galaxie

M33, la galaxie du Triangle, est l’une de nos « proches voisines ». Elle appartient au même groupe local que notre Voie Lactée et la galaxie d’Andromède. Sa proximité nous permet de voir des détails fins de sa structure, ainsi que les nébuleuses et amas qu’elle contient. J’avais déjà présenté M33 à partir de clichés pris à l’automne 2014. Voici une image prise alors que la galaxie était proche du zénith, le 12 janvier 2015, avec une absorption atmosphérique et une pollution lumineuse minimales. Du coup, j’ai appliqué une correction de la balance des couleurs moins brutale. Les couleurs sont donc plus réalistes que sur le cliché publié précédemment.

M33. Assemblage de 3 photos prises au foyer du télescope T150/750, le 12 janvier 2015. Pose de 30 secondes sur 2500 ISO pour chaque photo.
M33. Assemblage de 3 photos prises au foyer du télescope T150/750, le 12 janvier 2015. Pose de 30 secondes sur 2500 ISO pour chaque photo.

La spirale se dessine très nettement. La carte ci-dessous donne la position de quelques condensations d’étoiles et nébuleuses au sein de M33. NGC 604, légèrement bleutée, est une nébuleuse du même type que celle d’Orion, mais située aux confins du bras spiral d’une autre galaxie que la nôtre.

Une carte de M33, à partir de la photo ci-dessus. Elle montre les principales  formations d'étoiles et nébuleuses de la galaxie.
Une carte de M33, à partir de la photo ci-dessus. Elle montre les principales formations d’étoiles et nébuleuses de la galaxie.

Danseurs dans l’ombre

Jupiter et sa troupe de danseurs. A gauche : Ganymède, Europe et Io. A droite : Callisto, très déformé car il était au bord du champ du télescope. Les 6 photos qui composent la séquence ont été prises le soir du 19 février, chacune à 5 minutes d’intervalle, au télescope T150/750 avec un grandissement de 75x.

Animation de 6 photos prises le 19 février. T150/750, 75x, 400 ISO, 1/3s de pose chacune. La séquence complète couvre 25 minutes.
Animation de 6 photos prises le 19 février. T150/750, 75x, 400 ISO, 1/3s de pose chacune. La séquence complète couvre 25 minutes.

La plus lointaine à gauche est la lune Ganymède, qui s’approche lentement du disque de Jupiter pendant les 25 minutes de la séquence. Serrées contre la planète, toujours à gauche, Io s’écarte du disque et Europe s’en rapproche. Leurs images se superposent un bref instant. Loin à droite, Callisto continue de s’éloigner, très déformée par l’optique.

Jupiter est surexposé volontairement, afin d’enregistrer ses lunes sur le capteur.

Pendant la séquence, je suis rentré me réchauffer, laissant le télescope se gérer tout seul (une fois tous les réglages effectués 😉 )

Les mondes du silence

Jupiter, la plus grosse planète du système solaire et trois de ses lunes principales.

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Jupiter au centre. Le disque est surexposé pour faire apparaître les satellites. Europe à droite, isolée. A gauche, Io (le plus lointain) et Ganymède. Callisto est invisible sur le cliché, étant en transit devant le disque de la planète. Télescope T150/750, oculaire de 10 mm, grandissement de 75x. Pose de 1/3 s sur 1000 ISO. 9 février 2015.

Le disque planétaire montre ses principales bandes nuageuses, mais la turbulence atmosphérique (terrestre !) était forte.

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Jupiter. Pose de 1/30 s sur 400 ISO. Télescope T150/750, grandissement de 75x. De part et d’autre de la zone équatoriale claire, on voit les bandes nuageuses sombres équatoriales nord et sud. Suivent les zones tropicales nord et sud plus claires, et enfin l’assombrissement des zones polaires. Photo prise le 9 février 2015.

Un examen très attentif des photos dévoile Callisto, juste au moment où il s’engage devant le disque de Jupiter. Remarquez la petite déformation au bord supérieur droit de la planète sur cette image traitée avec le logiciel IDL…

Jupiter, T150/750. Image traitée en fausses couleurs, faisant apparaître Callisto ...
Jupiter, T150/750. Image traitée en fausses couleurs, faisant apparaître Callisto …

La variété des mondes

A 20° de l’Etoile Polaire, un couple de galaxies a élu domicile à proximité de la frontière entre la Grande Ourse et le Dragon. L’une déploie une spirale bleutée magnifique, tandis que l’autre est plongée dans le tourment des forces de gravitation. La spirale, c’est M81. L’irrégulière, c’est M82. Elles sont séparées dans le ciel d’une distance apparente à peine plus grande que le diamètre du disque lunaire. Photos prises au foyer du télescope T150/750, les pieds dans ce qui reste de neige, le soir du 9 février 2015.

Le couple de galaxies M81-M82. Assemblage de 5 images, 4 d'entre elles à 20 secondes de pose, et la dernière à 30 secondes pour faire ressortir les bras spiraux de M81 (à droite). 2000 ISO, traitement sous Photoshop. Foyer primaire du T150/750.
Le couple de galaxies M81-M82. Assemblage de 5 images, 4 d’entre elles à 20 secondes de pose, et la dernière à 30 secondes pour faire ressortir les bras spiraux de M81 (à droite). 2000 ISO, traitement sous Photoshop. Foyer primaire du T150/750.

Ces galaxies sont situées à environ 7 millions d’années-lumière. M82 est un véritable feu d’artifice de couleurs. Elle est sous l’influence de sa massive voisine, ce qui lui donne cet aspect tourmenté.

Lumière et poussière

Cap sur la Ceinture d’Orion à la recherche de la nébuleuse de la tête de Cheval. La région d’Alnitak, l’étoile la plus à l’est de la Ceinture, est riche en nébuleuses. Et là, se dessine la tête de Cheval, nuage de poussière sombre qui occulte les étoiles tapies derrière.

L'extrémité est de la ceinture d'Orion. L'étoile la plus brillante est Alnitak, dzêta d'Orion.
L’extrémité est de la ceinture d’Orion. Assemblage de 4 photos prises au foyer du télescope T150/750 le 11 janvier 2015. Pose de 30 secondes en 3200 ISO chacune. L’étoile la plus brillante est Alnitak, dzêta d’Orion, à gauche sur l’image.

Juste sous Alnitak, on voit se dessiner la nébuleuse NGC 2024, barrée de nombreuses bandes sombres. Au centre de la photo, prenant naissance près d’Alnitak, on aperçoit le fin voile de la nébuleuse IC 434 qui s’étire vers la droite. Et sur le fond de ce fin voile se dessine le graal : la forme sombre de la tête de Cheval qui regarde vers Alnitak. Deux autres nébuleuses sont encore présentes sur l’image, NGC 2023 et IC 435, à gauche de la tête, vers le bas de la photo.

Je présente l’image en noir et blanc, pour optimiser le contraste et faire ressortir la tête de Cheval du fond du ciel.

Je l’avais promise à ma fille !

Spéciale pour Pascale 😉 une image de plus : la même photo que ci-dessus, mais avec le contraste poussé au maximum avec le logiciel idl.

La tête de cheval. Même photo que ci-dessus, en fausses couleurs pour pousser le contraste. La tête de cheval est au centre de l'image. Elle est sombre, avec la forme du cavalier du jeu d'échec regardant vers la gauche.
La tête de cheval. Même photo que ci-dessus, en fausses couleurs pour pousser le contraste. La tête de cheval est au centre de l’image. Elle est sombre, avec la forme du cavalier du jeu d’échec regardant vers la gauche.

Souvenir d’été

18 août 2014, 6h du matin, au pied des coteaux qui bordent la vallée du Tarn vers le Nord. Lever de Vénus et Jupiter capturé au téléobjectif de 200mm. Rapprochement serré et assez rare des deux planètes les plus brillantes du ciel.

Vénus et Jupiter juste avant le lever du Soleil. Photo prise le 18 août au téléobjectif de 200 mm.
Vénus et Jupiter juste avant le lever du Soleil. Photo prise le 18 août au téléobjectif de 200 mm.

Le même couple pris au 50 mm. Deux yeux dans le noir, juste sous Castor et Pollux et la constellation des Gémeaux. Vénus est la plus brillante du couple. La distance qui sépare les deux planètes est inférieure au diamètre apparent de la Lune.

Vénus et Jupiter au petit matin du 18 août. Objectif de 50 mm.
Vénus et Jupiter au petit matin du 18 août. Objectif de 50 mm.

Souvenir de l’été et de la douceur de l’aube.