Discrète

NGC 891. Galaxie spirale dans la constellation d’Andromède. Magnitude visuelle de 11, soit 100 fois moins brillante que la plus faible des étoiles visible à l’œil nu sous un ciel pur. Elle est vue exactement par la tranche, ce qui donne cette vue surprenante de fuseau barré par une gigantesque bande de poussières.

NGC891_composite_10imagesPS
NGC 891. Addition de 10 photos prises le 23 octobre 2014 au foyer primaire du télescope T150/750. Chaque photo a été posée 30 secondes sur 2500 ISO. Les images on été additionnées sur Photoshop, et le résultat a été traité pour atténuer le fond du ciel.

L’image additionnée (sans traitement pour le contraste, ni recentrage) montre bien la fugacité de la galaxie.

NGC 891. L'image additionnée avant traitement.
NGC 891. L’image additionnée avant traitement.

Visiteuse nocturne

DSC_0087
1/2OOème de secondes sur 800 ISO, au foyer du T150/750, le soir du 27 octobre 2014.

Retour de la Lune cette semaine. Sa lumière va progressivement masquer les objets du ciel profond, galaxies et nébuleuses. Mais voir ce fin croissant dans les lueurs du crépuscule est toujours un moment magique.

Nuages d’étoiles

Au cœur de la Voie Lactée, dans la constellation du Cygne.

Changement de technique : cette fois, l’appareil photo est monté en parallèle au tube du télescope. Le boîtier photo est équipé d’un objectif de 50 mm. Le télescope ne sert donc qu’à entraîner l’appareil photo, et la grandissement est donc très faible. L’image est le résultat de l’addition de 10 photos, pose de 1 minute chacune sur 800 ISO, toutes prises le 26/10/2014.

L’étoile blanche très brillante est Deneb, l’étoile principale du Cygne. Juste au-dessus, enchâssée dans les nuages stellaires de la Voie Lactée, apparaît la nébuleuse North America (en rouge). En bas à gauche, on voit les nébulosités qui entourent l’étoile gamma du Cygne, Sadr. A droite de North America, l’immense nuage de poussières interstellaires Le Gentil 3 masque la Voie Lactée.

La Voie Lactée est notre galaxie vue de l’intérieur.

north_america
Les nuages stellaires autour de alpha du Cygne, Deneb, et la nébuleuse North America. Addition de 10 photos, objectif de 50 mm, pose de 1 minute sur 800 ISO. 26/10/2014.

Spirale

Proche de la grande galaxie d’Andromède, la galaxie M33 dans la constellation du Triangle. Comme celle d’Andromède, cette galaxie fait partie de notre voisinage immédiat : la Voie Lactée et ces deux galaxies forment les trois poids lourds de notre groupe galactique local. M33 est vue de face, ce qui nous donne à admirer la spirale dans toute sa splendeur. Par contre, comme de nombreuses galaxies spirales, sa clarté est diffuse, difficile à capter. La photo suivante est l’addition de 3 images de 30 secondes de pose, 2500 ISO au foyer du T150/750. Puis la teinte orangée (due à l’éclairage du clocher du village vers l’est) a été supprimée en réglant la balance des couleurs sur Photoshop, ce qui a bleui la galaxie. Les 3 photos ont été prises dans la nuit du 27 septembre 2014.

M33_composite_3images_PS
M33. Addition de trois images (30 secondes de pose sur 2500 ISO au foyer du télescope 150/750). Dans le bras spiral qui plonge vers le bas de la photo, on voit la nébuleuse NGC 604 (la tâche bleue brillante, qui forme un triangle équilatéral avec deux étoiles situées à l’avant-plan). C’est une zone de formation intense d’étoiles dans un autre galaxie que la nôtre.

Pour montrer la difficulté de photographier les galaxies spirales très étendues et donc diffuse, voici l’une des trois photos originales qui a servi à l’assemblage :

DSC_0057
M33, la galaxie du Triangle. Photo originale, avant assemblage et traitement des couleurs pour atténuer l’orangé du fond du ciel vers l’est, lié à l’éclairage urbain. T150/750, pose de 30 secondes, 2500 ISO.

Ultimes arabesques…

Retour sur M31, la galaxie d’Andromède. 10 photos prises le 23/10/2014, vingt secondes de pose chacune sur 2500 ISO, télescope T150/750. Puis superposition de ces photos avec Photoshop. Un moyen efficace pour éliminer le bruit numérique et pour affiner les détails.

… arabesques de poussières qui se déploient autour du noyau galactique, à plus de 2 millions d’années-lumière de nous.

M31_composite_10images_PS1
M31, la grande galaxie d’Andromède. Le 23/10/14, télescope Newton T150/750, au foyer primaire.

Magnitude des étoiles

Un petit mot à propos de la magnitude des étoiles. L’idée est de définir une échelle de brillance des objets du ciel, tel qu’on les voit depuis la surface de la Terre.

Prenons une étoile brillante, comme Aldébaran, étoile principale de la constellation du Taureau (l’œil rouge). Fixons sa magnitude à 1 sur l’échelle. La magnitude 1 va donc désigner des étoiles très brillantes, facilement visibles même en ville. Partant de cette référence, on impose qu’une étoile 100 fois moins brillante est de magnitude 6, soit 5 échelon au-dessus de la magnitude 1. Oui, je sais, c’est bizarre : une magnitude plus grande désigne une étoile plus faible, mais c’est comme ça. Reprenons : une étoile de magnitude 6 est donc 100 fois moins brillante qu’une étoile de magnitude 1, comme Aldébaran. De même, une étoile de magnitude 11 est 100 fois moins brillante qu’une étoile de magnitude 6, donc 10 000 fois moins brillante qu’une étoile de magnitude 1 (100 x 100). Et donc, pour une unité de changement de magnitude (de 1 à 2 par exemple), la brillance apparente diminue d’un facteur 2,5. Comme ça, 5 degrés de magnitude, ça fait un changement de brillance de 2,5 x 2,5 x 2,5 x 2,5 x 2,5, soit un facteur 100. Et on retombe sur nos pattes !

Bon bon bon. Je vous laisse réfléchir à ça. Sachez que la limite de la visibilité à l’œil nu, c’est la magnitude 6. Tout ce qui est plus grand que 6 est invisible à l’œil, il faut un télescope.

Petit exemple : voici une photo de la région de l’étoile epsilon de la constellation du Cygne (aussi appelée Gienah), prise le 12/09/2014 au T150/750, pose de 20 secondes sur 2500 ISO. Epsilon est l’étoile la plus brillante, au centre de la photo. Elle est de magnitude 2,45. La seconde étoile la plus brillante du champ est T du Cygne : magnitude 4,90. Elle est donc environ 10 fois moins brillante que epsilon du Cygne. Toutes les autres étoiles de la photo sont invisibles à l’œil nu…

Gienah-epsilon_cyg2
Le champ autour de l’étoile epsilon du Cygne. Photo prise au foyer du télescope T150/750. Pose de 20 secondes sur 2500 ISO, le 12/09/2014. Photo originale, non traitée.

Du bleu dans le noir

Quelques nébuleuses planétaires. Des étoiles en fin de vie qui expulsent leurs couches extérieures. On commence la visite par la nébuleuse de la boule de neige bleue, dans la constellation d’Andromède. 30 secondes de pose au télescope T150/750, équipé d’un boîtier reflex Nikon D5000, 2000 ISO. J’ai supprimé les fonctions de réduction du bruit de l’appareil. On gagne en netteté. L’étoile brillante qui accompagne la nébuleuse est 13 d’Andromède. Elle est en fait à la limite de la visibilité à l’oeil nu (magnitude visuelle Mv 5,75). La nébuleuse est de magntiude 8 et sa taille est de 30 secondes d’arc, soit 60 fois plus petite que la Lune. il s’agit de l’image originale, non traitée.

NGC7662
NGC 7662, une étoile à l’agonie dans la constellation d’Andromède (en haut à droite). Elle est surnommée « la boule de neige bleue ». L’étoile blanche en bas à gauche est 13 Andromède. Photo prise dans la nuit du 18 au 19 octobre 2014.

Autre boule bleue dans le ciel nocturne : NGC 6826, la nébuleuse « clignotante » dans la constellation du Cygne. Elle a sensiblement la même taille que la boule de neige bleue. Différence notable : on voit très bien l’étoile centrale plongée au coeur de la nébuleuse. Elle est à l’origine de celle-ci. Pour ceux qui veulent le savoir, l’étoile centrale est de magnitude 11. Image prise dans les mêmes conditions que la précédente. A nouveau, je vous présente l’image brute, seulement recadrée.

NGC6826_blink_nebula
NGC 6826, la nébuleuse clignotante. Photo prise au foyer primaire du T150/750 le soir du 4 octobre 2014.

Pour finir, la plus célèbre de toutes : la nébuleuse annulaire de la Lyre, M57 (my precious…). Elle montre un stade plus avancé de l’agonie. L’étoile centrale est trop faible pour mon télescope (magnitude 15). Encore que… on a l’impression de voir un éclaircissement au centre de l’anneau. J’ai pris la photo avec l’équipement habituel (foyer primaire T150/750), 30 secondes de pose sur 2500 ISO, avec la nébuleuse proche du zénith. L’étoile serrée contre la nébuleuse est de magnitude 12.

M57
M57, la nébuleuse de l’anneau dans la Lyre. Photo prise au foyer primaire de mon T150/750, 30 secondes de pose sur 2500 ISO, au soir du 12 septembre 2014. On voit l’effet du lissage dû à la réduction du bruit opéré par le boîtier reflex (fonction activée sur ce cliché) : des petits nuages rougeâtres.