La marée des étoiles

Observation du 16 juin 2017. Le ciel est limpide et le cœur de la Voie Lactée apparaît lentement sur l’horizon sud-est. C’est une marée montante céleste, dont l’écume est formée de nuées d’étoiles. De gigantesques zones sombres marquent la présence de vastes nuages de poussière interstellaire.

J’installe l’appareil photo sur le dos du télescope, j’utilise un objectif de focale fixe de 50 mm et j’enchaîne 6 poses de 20 secondes sur 2000 ISO.

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La Voie Lactée au nord de la constellation du Sagittaire. Pose de 120 secondes (6 images additionnées), 2000 ISO, objectif de 50 mm monté sur le dos du télescope. Les formes sombres à droite sont des arbres fraîchement taillés. En haut à droite, on voit la nébuleuse de la Lagune (en rose, très brillante) et la nébuleuse Trifide (à gauche de la Lagune). Vers le centre, toujours roses, on voit la nébuleuse Oméga (à droite) et la nébuleuse de l’Aigle à gauche. Le 16 juin 2017.

La Voie Lactée présente deux nuages particulièrement brillants. L’un en bas à gauche (dans la constellation de l’Ecu), l’autre en haut à droite du centre (à cheval sur Ophiuchus et le Sagittaire.

La Voie Lactée est notre galaxie vue de l’intérieur.

Encore Orion

Pour le plaisir des yeux, la même photographie de la grande nébuleuse d’Orion que dans le post précédent, mais en couleur. A contempler dans un silence nocturne…

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De gauche à droite : NGC1977, M43 et M42. Somme de 10 clichés pour une pose totale de 200 secondes, 2500 ISO, télescope T150/750. L’image n’a pas été rognée, c’est la taille originale. Nuit du 15 au 16 février 2017. Le cœur de la nébuleuse est noyé dans la lumière des jeunes étoiles qui y sont nées.

L’épée d’Orion

Plongée dans la région de l’épée d’Orion. Retenez votre souffle, le décor est grandiose. La grande nébuleuse d’Orion M42 marque le cœur de l’épée. Je l’ai déjà photographiée plusieurs fois, mais je fais le choix de la présenter en noir et blanc. L’avantage du noir et blanc, c’est qu’on peut pousser le traitement de l’image sans s’inquiéter de l’équilibre des couleurs ni de la teinte du fond du ciel. En effet, si on reste sur un cliché en couleur, au plus on cherche à augmenter la luminosité générale de l’image, au plus le ciel prend une teinte orangée à cause de l’éclairage délirant du clocher du village (lampes au sodium pointées vers le ciel. C’est violent, moche, c’est une source de pollution lumineuse du ciel et ça consomme…). Pour corriger cela, on modifie la balance des couleurs sous photoshop, mais si on pousse trop, l’ambiance devient très bleue. Tous ces soucis disparaissent avec le noir et blanc…

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M42, la grande nébuleuse d’Orion. Somme de 10 images pour une pose totale de 200 secondes sur 2500 ISO. Télescope T150/750, le 15 février 2017.

La nébuleuse révèle toute sa complexité. Le nuage plus faible, sur la gauche du cliché, est la nébuleuse NGC1977. En fait, elle fait partie du même nuage, mais une bande de poussière sombre située à l’avant plan partage le nuage en deux. Il faut donc imaginer la troisième dimension du cliché : la nébuleuse M42 émerge de derrière le sombre rideau de poussières, comme un soleil qui se lèverait sur l’horizon.

M42 se trouve à environ 1300 années-lumière de la Terre. C’est une fabrique d’étoiles.

 

 

La ceinture d’Orion : une vue d’ensemble

La constellation d’Orion est l’une des plus belles du ciel nocturne. Visible en hiver en direction du sud, elle figure un chasseur de la mythologie grecque. Orion est facilement reconnaissable par sa ceinture : un alignement immanquable de trois étoiles brillantes bien visible à l’œil nu. De gauche à droite : Alnitak, Alnilam et Mintaka. Sous la ceinture, un alignement d’étoiles perpendiculaire représente l’épée du chasseur.

Toute la région est riche en nébuleuses. La grande nébuleuse d’Orion (M42) se situe dans l’épée et est visible à l’œil nu.

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La ceinture et l’épée d’Orion. Les trois étoiles bleues brillantes sont Alnitak, Alnilam et Mintaka. Une petite nébuleuse est visible à gauche d’Alnitak. La Grande Nébuleuse d’Orion domine l’épée, mais d’autres nuages interstellaires sont visibles. Superposition de 7 photographies prises au téléobjectif de 135 mm, entraîné par la monture du télescope. Pose totale de 210 secondes sur 2000 ISO. L’état du ciel était plutôt médiocre, avec des bancs de brume. Et la mise au point laisse un peu à désirer. Le 18-02-2017.

Nous entrerons dans l’intimité de la région dans un post futur.

C’est l’histoire d’une bulle

Après 2 années de photographies célestes, je cherche à débusquer des objets plus discrets, et donc plus difficiles. Comme pour l’amas Coma de l’un des posts précédents, je flirte avec les limites du télescope.

La nébuleuse de la Bulle apparaît faiblement sur l’un des clichés du post précédent, au sud ouest de l’amas M52. La nébuleuse est magnifique sur les clichés pris par le télescope spatial. Elle est centrée sur l’étoile SAO 20575. La nébuleuse est complexe : elle se compose d’une partie brillante proche de l’étoile, d’un nuage très faible, et enfin de la fameuse bulle. Est-ce que mon T150/750 peut capter cette structure ?

Je suis retourné dans les parages la nuit du 1er novembre. Par des pointages successifs du télescope, je rebondis d’étoile en étoile pour trouver la nébuleuse. Je pars de Caph (beta de Cassiopée, l’étoile la plus à l’Ouest du W formé par la constellation), puis cap sur l’étoile 6 Cassiopée, puis sur 4 Cassiopée pour retrouver l’amas d’étoiles M52, et de là, …la Bulle.

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NGC 7635, la nébuleuse de la Bulle. Pose de 105 secondes sur 6400 ISO (7 clichés).

Les trois parties de la nébuleuse sont visibles ! Le nuage diffus est juste à gauche de l’étoile au centre de l’image, la partie brillante au-dessus, et l’amorce de la bulle en dessous. Le tout apparaît peut-être plus contrasté sur l’image en négatif

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NGC 7635 en négatif.

La bulle est une enveloppe de gaz éjecté à grande vitesse par la jeune (4 millions d’années, une gamine…) étoile SAO 20575. La nébuleuse se trouve à 11 000 années-lumière de la Terre.

Les trésors de Cassiopée

La constellation de Cassiopée est visible toute l’année depuis nos latitudes. Les soirs d’automne, elle monte haut dans le ciel dans sa course autour de l’Etoile Polaire. Elle est facilement reconnaissable à sa forme de W céleste. Ancrée au cœur de la Voie Lactée, Cassiopée cache quelques magnifiques amas d’étoiles.

Après une journée du 29 octobre limpide et estivale, le ciel se voile avec la tombée du jour. La brume rôde à proximité du sol. Ses rubans passent et repassent autour du clocher de l’église, ce qui diffuse brutalement l’éclairage de celui-ci dans tout le ciel. Je profite des moments sombres pour photographier le magnifique amas d’étoiles M52 dans la constellation de Cassiopée.

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M52. Addition de 5 prises de vue au télescope T150/750 sur 2500 ISO, pose totale de 100 secondes. Le 29 octobre 2016. Le guidage laisse un peu à désirer…

Les étoiles de M52 sont nées il y a environ 35 millions d’années, et l’amas se trouve à environ 5000 années-lumière de la Terre.

Située à un peu plus d’un diamètre lunaire vers le nord ouest, on trouve la minuscule nébuleuse de la Bulle (NGC7635). Un des clichés l’a bien enregistrée.

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NGC7635. Photo unique de 20 secondes à 6400 ISO. Agrandissement d’un cliché pris au télescope T150/750, le 29 octobre 2016.

Je reviendrai me promener dans cette région sous peu.

Hydrogène

Toujours dans la constellation du Sagittaire, la nébuleuse Oméga (M17) se déploie sur quelques dizaines d’années-lumière. Ce vaste nuage d’hydrogène est situé à environ 5000 années-lumière du système solaire, dans la direction du cœur de la Voie Lactée. Comme la Lagune, la Trifide, l’Aigle, c’est un haut lieu de formation d’étoiles. Le rayonnement des jeunes étoiles cachées au cœur du nuage, effleure l’hydrogène de la Nébuleuse, qui répond en émettant cette couleur rouge caractéristique.

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M17, dans la chaleur de la nuit du 31 août 2016. Somme de 7 images, pose totale de 2 minutes et 20 secondes, télescope 150/750, 2000 ISO.

Pour donner une idée du foisonnement incroyable d’objets du ciel profond dans le Sagittaire et ses constellations voisines, j’ai scanné la carte Sky and Telescope de la région. Les carrés verts sont des nébuleuses diffuses, les ronds verts représentent les nébuleuses planétaires, les zones jaunes sont les amas d’étoiles (globulaires quand ils sont marqués d’une croix, ouverts sinon).

A s’y perdre…

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