Le géant

La constellation d’Orion est l’une des plus belles du ciel. Elle revient chaque année au début de l’Hiver pour disparaître dès l’arrivée des beaux jours. Orion est un chasseur, capable de tuer tout animal sur Terre. Il fût pourtant terrassé par la piqûre d’un Scorpion : quand la constellation d’Orion se couche à l’ouest, celle du Scorpion monte à l’est.

Les alignements d’étoiles de la constellation d’Orion forment des alignements remarquables. La ceinture surtout est immanquable : 3 étoiles alignées de brillance équivalente. Le cliché suivant a été pris avec un objectif de 50 mm le soir du 12 février 2018. Il montre Orion dans son ensemble.

orion_14im_z
La constellation d’Orion. Addition de 14 photos, 800 ISO, pour une pause totale de 7 minutes. L’objectif de 50 mm est monté en parallèle au tube du télescope. La qualité optique du 50 mm est médiocre, la déformation des étoiles sur le bord du champ est évidente.

Une carte des lieux:

orion_map_z

Dans l’épée d’Orion brille la grande nébuleuse d’Orion (Messier 42). Je l’ai déjà présentée à plusieurs reprises. La voici une fois de plus, toujours plus belle…

M42_final_PSz
M42. Addition de 32 images sur 2500 ISO, pause totale de 12 minutes. Télescope T150/750, le 12 février 2018. A gauche, NGC 1977. Cliquez sur l’image pour l’agrandir ! Voyez les longues volutes de gaz, les bandes de poussières torsadées, les jeux de lumière sur les voiles de matière interstellaire, les étoiles perdues dans cette gigantesque matrice, le cœur brûlant et la périphérie glaciale…

 

 

Publicités

Trapèze

La nébuleuse d’Orion (Messier 42) : une zone de formation d’étoiles située à seulement 1600 années-lumière de notre système solaire. C’est l’une des plus brillantes nébuleuses du ciel, visible à l’œil nu sous la ceinture d’Orion. En ce début d’hiver, elle monte doucement au-dessus de l’horizon, toujours plus haute soir après soir.

Je l’ai déjà photographiée à plusieurs reprises. Le  Père Noël ayant apporté une lentille de Barlow, le premier test sera pour la Grande Nébuleuse d’Orion. Une lentille de Barlow est un dispositif simple. En gros, c’est une lentille que l’on interpose entre le faisceau lumineux qui sort du tube du télescope et le boîtier photo. Cette lentille double la longueur focale du télescope, et donc son grandissement. La focale passe de 750 mm à 1500 mm. Le prix à payer pour l’agrandissement de l’image est une perte de lumière et l’obligation d’avoir un meilleur suivi de la monture. Ces deux aspects sont couplés : moins de lumière demande des poses plus longues, et donc un suivi parfait. Je me rends rapidement compte que je ne peux pas dépasser 20 secondes de pose pour garder une dérive raisonnable. Je choisis la sensibilité maximale du boîtier photo (6400 ISO). Je prends 35 photos, dont 17 seront exploitables. Apparaît alors la zone centrale de la nébuleuse. Eclairant de l’intérieur les nuages d’hydrogène et de poussières interstellaires qui forment la nébuleuse, les quatre étoiles du Trapèze brillent comme des petits joyaux. Le Trapèze est un amas d’étoiles nées de la matière de la nébuleuse, il y a seulement 350 000 ans.

M42_finalHDR1.jpg
Le cœur de la Nébuleuse d’Orion M42. Les étoiles du Trapèze sont visibles dans la partie blanche de la nébuleuse. Somme de 17 photos, 6400 ISO, 5 minutes 40 secondes de pose totale. Télescope T150/750 + lentille de Barlow 2X. Le 25 décembre 2017.

Sur l’horizon

Ciel limpide le soir du 13 septembre 2017. C’est l’occasion d’un dernier regard vers la constellation du Sagittaire, en direction du centre de notre Galaxie, avant que celle-ci ne disparaisse jusqu’à l’année prochaine. A 20° au-dessus de l’horizon sud-ouest, entre deux arbres, le télescope capture la Nébuleuse de la Lagune (numéro 8 dans le catalogue de Messier). Je l’avais déjà présentée dans un post précédent, il y a juste une année. Elle est l’une des nébuleuses diffuses les plus brillantes du ciel. Elle étale ses volutes de gaz interstellaires sur une centaine d’années-lumière. C’est une pouponnière d’étoiles. Elle contient l’amas d’étoiles jeunes NGC 6530, nées il y a deux millions d’années. Des jeunettes… Bercé par le silence de la nuit, ponctué des hululements d’une chouette hulotte, je prends une séquence de 9 photos de 20 secondes de pose sur 3200 ISO.

M8_9imPS
M8, la nébuleuse de la Lagune dans la constellation du Sagittaire. Addition de 9 clichés pris au foyer du télescope T150/750, 3200 ISO, pose totale de 3 minutes. En bas à droite, on aperçoit l’amas globulaire NGC 6544, petite pelote d’étoiles. Il se situe à environ 10 000 années-lumière du système solaire, soit deux fois plus loin que la nébuleuse de la Lagune. Photos prises le 13 septembre 2017.

Beaucoup plus difficile, à seulement 13° au-dessus de l’horizon sud-sud-est, le télescope (pointé quasiment à l’horizontale) révèle la nébuleuse de l’Hélice NGC 7293. On est dans la constellation du Verseau, à proximité de la frontière avec la constellation du Poisson Austral et de son étoile principale Fomalhaut. Le Verseau est une constellation étendue mais discrète, sans étoile ni alignement remarquable. Pour trouver la nébuleuse de l’Hélice, je pars de « delta » du Verseau (Skat), bien visible à l’œil nu. L’œil rivé au chercheur, je centre Skat, puis je descend vers le sud-ouest en direction du couple d’étoiles 66 et 68 du Verseau. Je pousse ensuite dans la même direction jusqu’à « nu » du Verseau. Encore 5 minutes d’ascension droite vers l’ouest pour trouver NGC 7293. C’est une vraie incursion dans le ciel austral, à -21° de déclinaison. Ces régions du ciel ne montent jamais au firmament à la latitude de la France et je les connais assez mal.

Si proche de la ligne d’horizon, l’absorption atmosphérique est énorme et rend la photographie de la nébuleuse très difficile.

Si de nombreuses étoiles naissent dans la nébuleuse M8, on est ici témoin de la mort d’une étoile qui se dilue progressivement dans l’espace, ensemençant l’Univers de sa matière. NGC 7293 est à moins de 500 années-lumière de la Terre, dans notre voisinage proche.

helix_13imPSz
NGC 7293. La nébuleuse est au centre de la photo, très pâle. Addition de 13 photographies sur 5000 ISO, pose totale de 4 minutes et 20 secondes, foyer du télescope T150/750. Le 13 septembre 2017.

Ci-dessous, une conversion en noir et blanc de la photo permet de pousser le contraste et fait ressortir NGC 7293.

helix_13imPSzbw
NGC 7293, la nébuleuse de l’Hélice. Même photo, mais convertie en noir et blanc, contraste poussé à l’extrême sur le logiciel Photoshop.

 

La Grande Dentelle

Située sous l’aile est du Cygne et s’étirant sur plus de 1° (2 fois le diamètre apparent de la Lune), la nébuleuse de la Grande Dentelle est le magnifique reste d’une étoile qui a fini sa vie en supernova il y a environ 100 000 ans. Cette nébuleuse n’est qu’une partie du nuage interstellaire complexe généré par l’explosion. Il faut un ciel très pur pour la capturer. La délicatesse et la violence de l’Univers…

dent_6imPSz
NGC 6992, la Grande Dentelle du Cygne. Le 14/08/2017. Addition de 6 photographies, télescope T150/750, pose totale de 3 minutes sur 6400 ISO.

La marée des étoiles

Observation du 16 juin 2017. Le ciel est limpide et le cœur de la Voie Lactée apparaît lentement sur l’horizon sud-est. C’est une marée montante céleste, dont l’écume est formée de nuées d’étoiles. De gigantesques zones sombres marquent la présence de vastes nuages de poussière interstellaire.

J’installe l’appareil photo sur le dos du télescope, j’utilise un objectif de focale fixe de 50 mm et j’enchaîne 6 poses de 20 secondes sur 2000 ISO.

sagit_6imPS_scaled
La Voie Lactée au nord de la constellation du Sagittaire. Pose de 120 secondes (6 images additionnées), 2000 ISO, objectif de 50 mm monté sur le dos du télescope. Les formes sombres à droite sont des arbres fraîchement taillés. En haut à droite, on voit la nébuleuse de la Lagune (en rose, très brillante) et la nébuleuse Trifide (à gauche de la Lagune). Vers le centre, toujours roses, on voit la nébuleuse Oméga (à droite) et la nébuleuse de l’Aigle à gauche. Le 16 juin 2017.

La Voie Lactée présente deux nuages particulièrement brillants. L’un en bas à gauche (dans la constellation de l’Ecu), l’autre en haut à droite du centre (à cheval sur Ophiuchus et le Sagittaire.

La Voie Lactée est notre galaxie vue de l’intérieur.

Encore Orion

Pour le plaisir des yeux, la même photographie de la grande nébuleuse d’Orion que dans le post précédent, mais en couleur. A contempler dans un silence nocturne…

m42_10imps
De gauche à droite : NGC1977, M43 et M42. Somme de 10 clichés pour une pose totale de 200 secondes, 2500 ISO, télescope T150/750. L’image n’a pas été rognée, c’est la taille originale. Nuit du 15 au 16 février 2017. Le cœur de la nébuleuse est noyé dans la lumière des jeunes étoiles qui y sont nées.

L’épée d’Orion

Plongée dans la région de l’épée d’Orion. Retenez votre souffle, le décor est grandiose. La grande nébuleuse d’Orion M42 marque le cœur de l’épée. Je l’ai déjà photographiée plusieurs fois, mais je fais le choix de la présenter en noir et blanc. L’avantage du noir et blanc, c’est qu’on peut pousser le traitement de l’image sans s’inquiéter de l’équilibre des couleurs ni de la teinte du fond du ciel. En effet, si on reste sur un cliché en couleur, au plus on cherche à augmenter la luminosité générale de l’image, au plus le ciel prend une teinte orangée à cause de l’éclairage délirant du clocher du village (lampes au sodium pointées vers le ciel. C’est violent, moche, c’est une source de pollution lumineuse du ciel et ça consomme…). Pour corriger cela, on modifie la balance des couleurs sous photoshop, mais si on pousse trop, l’ambiance devient très bleue. Tous ces soucis disparaissent avec le noir et blanc…

m42_10imps2
M42, la grande nébuleuse d’Orion. Somme de 10 images pour une pose totale de 200 secondes sur 2500 ISO. Télescope T150/750, le 15 février 2017.

La nébuleuse révèle toute sa complexité. Le nuage plus faible, sur la gauche du cliché, est la nébuleuse NGC1977. En fait, elle fait partie du même nuage, mais une bande de poussière sombre située à l’avant plan partage le nuage en deux. Il faut donc imaginer la troisième dimension du cliché : la nébuleuse M42 émerge de derrière le sombre rideau de poussières, comme un soleil qui se lèverait sur l’horizon.

M42 se trouve à environ 1300 années-lumière de la Terre. C’est une fabrique d’étoiles.