La Voie

Ciel limpide la nuit du 20 au 21 août. Voici 3 photos de la Voie Lactée, notre galaxie vue de l’intérieur. Toutes les photos sont posées 90 secondes sur 2500 ISO, objectif de 28 mm entraîné par la monture du télescope.

L’océan des étoiles, avec ses ressacs, ses récifs et son écume…

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La Voie Lactée en direction du Sagittaire. Les masses noires sont des arbres.
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La Voie Lactée en direction de l’Aigle.
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La Voie Lactée en direction du Cygne.

Filante

Au milieu de l’été, la Terre croise chaque année les débris de la comète Swift-Tuttle. De la taille maximale d’un petit pois, ces petits morceaux de roche extraterrestres plongent dans l’atmosphère à une vitesse proche de 60 km/s. Le frottement de l’air les enflamme à une centaine de kilomètres d’altitude et transforme ces débris cométaires en étoiles filantes. Comme la Terre vient à la rencontre du nuage de débris, les étoiles filantes du mois d’août semblent toutes émerger d’une région située dans la constellation de Persée si on prolonge les trajectoires à rebours. C’est un effet de perspective. C’est la raison pour laquelle cet essaim d’étoiles filantes porte le nom de Perséides.

Les Perséides sont des étoiles filantes très rapides. Certaines sont très brillantes, avec parfois des traînées persistantes pendant plusieurs secondes.

Soirée du 12 août 2017. Je fixe l’appareil photo sur le dos du télescope. Comme les filantes peuvent surgir à peu près n’importe où dans le ciel, je pointe le zénith, je choisis une focale courte (28 mm) et j’enchaîne les poses de 30 secondes. Sur une centaine de clichés, j’ai capté une étoile filante très brillante, qui semble foncer vers Véga. Quelques nuages ont défilé pendant la pose.

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Sur fond de Voie Lactée, et au-dessus des nuages terrestres, une étoile filante des Perséides (coin supérieur droit). Le 12 août 2017, focale de 28 mm, 2000 ISO, 30 secondes de pose avec entraînement équatorial. Le viseur et le tube du télescope apparaissent au premier plan.

Suie

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V Aquilae, étoile de magnitude 7 dans la constellation de l’Aigle. L’un des objets les plus rouges du ciel. Addition de 6 images pour une pose totale de 90 secondes, télescope T150/750, le 11 août 2017.

 

V Aquilae est une étoile discrète de la constellation de l’Aigle. Côté luminosité, elle affiche une magnitude 7 et est en dessous de la limite de visibilité à l’œil nu. C’est une étoile particulière, puisque sa famille ne compte que 200 membres connus visibles avec un instrument d’amateur. V Aquilae est une étoile géante rouge drapée dans un manteau de suie. Cette suie bloque le peu de lumière bleue que l’étoile émet. V Aquilae apparaît donc d’un rouge éclatant vu de la Terre. Suivant les indications du Guide du Ciel 2017 de Guillaume Cannat, je trouve V aquilae à 3° à l’est de l’amas d’étoile M11.

V Aquilae est une étoile carbonée, en fin de vie. Elle se trouve à 1200 années-lumière du système solaire.

 

Nébuleuse Saturne

Le Verseau est une constellation que je connais mal. A nos latitudes, elle ne monte jamais très haut sur l’horizon. De plus, la constellation ne contient pas d’étoiles brillantes ou d’alignements remarquables. Mais elle recèle des trésors discrets.

NGC 7009 est une nébuleuse planétaire. Ce qui signifie qu’elle ressemble à une planète à l’oculaire du télescope. Mais il s’agit en fait d’une étoile en fin de vie qui éjecte progressivement ses couches extérieures. Elle ensemence l’univers d’atomes lourds qu’elle a produit pendant toute sa vie. NGC 7009 montre deux extensions latérales qui lui ont donné son surnom de nébuleuse Saturne. Elle est située à environ 4000 années-lumière.

J’ai réalisé deux jeux de photos : la première à grand champ, au foyer du télescope, la seconde avec un oculaire de 10 mm de focale (grandissement de 75 x).

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Champ d’étoiles dispersées dans la constellation du Verseau. Le point bleu est la nébuleuse Saturne. Addition de 6 images, 2500 ISO, 2 minutes de pose totale, au foyer du T150/750. Le 14 juillet 2017.
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NGC 7009, la nébuleuse Saturne. 2500 ISO, 160 secondes de pose totale (somme de 8 images). Télescope T150/750, oculaire de 10 mm, le 14 juillet 2017. On aperçoit une structure en deux anneaux à l’intérieur de la nébuleuse.

Ballade en Mer des Nuées

Deux jours après le premier quartier de Lune, la partie occidentale de la Mer des Nuées sort de l’ombre. L’œil est immédiatement attiré par le cirque Bullialdus : 59 km de diamètre, des remparts en terrasse hauts de 3500 m, une magnifique montagne centrale.

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Partie occidentale de la Mer des Nuées. Le 3 juin 2017, télescope T150/750, 1/100 s sur 1600 ISO. Oculaire de 10 mm avec une bague d’extension.

Une carte de la partie centrale. La limite de résolution de la photo est d’environ 6.5 km (le cratère Kies E). L’œil à l’oculaire, on descend à environ 2.5 km.

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Eclat

Une photo de la rencontre de deux mondes. Un peu plus haut que le centre de l’image, on aperçoit NGC 4684, une galaxie spirale barrée situé à proximité de l’étoile Porrima (gamma de la Vierge). Elle contient des milliards d’étoiles, mais sa distance la rend extrêmement discrète : sa magnitude est d’environ 12.0. Sa distance au système solaire est assez mal connue, comprise entre 45 et 90 millions d’années-lumière. L’Univers étant en expansion, elle s’éloigne de nous à la vitesse stupéfiante de 1500 km chaque seconde.

Et Jupiter s’invite sur la photo ! La plus grosse planète du système solaire est en vadrouille dans la Vierge. Elle est située à 800 millions de kilomètres et sa magnitude est de -1.5. La distance qui sépare NGC 4684 de nous est environ 700 milliards de fois celle qui nous sépare de Jupiter. Résultat, bien que infiniment plus petit que la galaxie, Jupiter est aveuglant sur le cliché ; il apparaît 100 000 fois plus brillant que la galaxie.

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La galaxie NGC 4684, au-dessus du centre de la photo, et Jupiter complètement surexposé. L’étoile brillante située à 11h de Jupiter est en fait une des lunes galiléennes de la planète géante (Callisto, marqué aussi par des aigrettes de diffraction, comme Jupiter). Les 3 autres sont noyées dans le halo de lumière. Le 17 juin 2017, télescope T150/750, somme de 8 images pour une pose totale de 160 secondes.

La marée des étoiles

Observation du 16 juin 2017. Le ciel est limpide et le cœur de la Voie Lactée apparaît lentement sur l’horizon sud-est. C’est une marée montante céleste, dont l’écume est formée de nuées d’étoiles. De gigantesques zones sombres marquent la présence de vastes nuages de poussière interstellaire.

J’installe l’appareil photo sur le dos du télescope, j’utilise un objectif de focale fixe de 50 mm et j’enchaîne 6 poses de 20 secondes sur 2000 ISO.

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La Voie Lactée au nord de la constellation du Sagittaire. Pose de 120 secondes (6 images additionnées), 2000 ISO, objectif de 50 mm monté sur le dos du télescope. Les formes sombres à droite sont des arbres fraîchement taillés. En haut à droite, on voit la nébuleuse de la Lagune (en rose, très brillante) et la nébuleuse Trifide (à gauche de la Lagune). Vers le centre, toujours roses, on voit la nébuleuse Oméga (à droite) et la nébuleuse de l’Aigle à gauche. Le 16 juin 2017.

La Voie Lactée présente deux nuages particulièrement brillants. L’un en bas à gauche (dans la constellation de l’Ecu), l’autre en haut à droite du centre (à cheval sur Ophiuchus et le Sagittaire.

La Voie Lactée est notre galaxie vue de l’intérieur.